Rétrospectives : Ils ont dit en 2017...

Ils se sont interrogés sur certains points. D’autres ont livré leurs impressions sur les secteurs qui les intéressent, ou qui sont appelés à évoluer. Au cours de l’année, nous avons eu droit à un défilé d’interlocuteurs locaux, mais aussi internationaux. Qu’ont-ils dit d’intéressant cette année ? Une petite rétrospective pour se rafraîchir la mémoire

 

Sen Ramsamy, directeur général, Tourism Business Intelligence

 “Il nous faut être plus créatif dans notre offre touristique

 Il mesure la performance du secteur du tourisme en termes de croissance dans les revenus en devises étrangères et en création d’emplois. Et non en termes de nombre de touristes. Sen Ramsamy, directeur général de Tourism Business Intelligence, souhaite que 2017 soit tout aussi bonne, voire meilleure, pour le secteur. Pour y parvenir, une vraie industrie touristique devra voir le jour, au-delà de l’industrie hôtelière dont le produit soleil, mer, plage et cocotiers n’a pas beaucoup évolué depuis des décennies

 

 >> Le tourisme évoluera-t-il sous d’aussi bonnes étoiles en 2017 ?

Je le souhaite de tout cœur. Mais l’accent doit être mis sur notre offre touristique qui n’a pas beaucoup évolué depuis des décennies avec le produit soleil, mer, plage et cocotiers. La nouvelle génération de voyageurs dans le monde recherche bien plus que cela, car ils sont bien informés des tendances du tourisme moderne. Ils veulent bien plus qu’une chambre d’hôtel pour se reposer. Le touriste, aujourd’hui, part à la découverte des peuples, de leur histoire, de leurs coutumes, de leurs cultures, de la mode, et recherchent le partage des valeurs, des différents styles de vie.

Il nous faut être plus créatif dans notre offre touristique. Il nous faut créer une vraie industrie touristique, et non une industrie hôtelière. Les forfaits ‘All-Inclusive’ des hôtels tuent la destination et empêchent l’ensemble de la population de bénéficier de façon équitable de ce secteur.

Il nous faut faire de la place aux jeunes pour qu’ils puissent démontrer leur savoir-faire et leur talent dans un cadre plus professionnel. Le niveau des services, qui était jadis notre force, est aujourd’hui une faiblesse quand on compare le niveau des prestations dans les pays concurrents. La formation professionnelle est un ‘sine qua non’ pour réussir demain. La sécurité des touristes est aussi un élément crucial pour une croissance durable du tourisme. Le problème de taxis à l’aéroport et dans les hôtels est une bombe à retardement et il faut agir vite pour une approche plus professionnelle, et pour plus de rigueur et discipline. Il est important de mettre bon ordre dans le secteur informel, car c’est là que le bât blesse. Le touriste y est exposé et l’image de la destination est à risque.

[BIZweek 128]

 

Richard Arlove, Chief Executive Officer of ABAX

 “Probably time to revise our dual taxation system”

 For years now, the global business sector has been considered as a separate system, that is, a sector which is not linked to the real economy. However, says Richard Arlove, Chief Executive Officer of ABAX, it is high time to make the sector part and parcel of the national economy. Questioned about the black list being prepared by the European Union Commission and which will be ready at the end of this year, the CEO says he does not apprehend such a list. But, he adds, it is probably time to review our dual taxation system. Right now, Mauritius has one taxation system in place for local companies, and one for Global Business Companies. According to him, the Government and the industry are working together on this issue

 

 >> As you might be aware, the European Union Commission is preparing its black list which will be ready by the end of 2017. One of the risk factors for Mauritius is our low corporate tax. Do you apprehend this black list?

No, I don’t. We – the financial services industry – have had meetings with the Government over the past few weeks and months, in relation to this matter. We, together with the Government, are aligned on the commitment to change things in Mauritius in order to dispel all the doubts and uncertainties that might exist.

However, effectively, it’s not so much about low taxation. It’s rather about what the European Union terms as “harmful tax practices”, since we have a dual system of taxation, one for GBC and one for Mauritian companies.

That’s why the industry and the Government feel that it is effectively a challenge. But how can we turn that challenge into an opportunity? We had very interesting discussions within the industry and with the Government. We look at our tax system and our regulatory system in order to make that challenge become a new model for doing business for global business. Let’s take the giant steps that we need so that the country can have an ecosystem that will enable Mauritius to become a completely recognized and respected financial sector.

[BIZweek 128]

 

Constantin de Grivel, Directeur general, AXYS Investment Partners Ltd

 “Les Mauriciens, bizarrement, épargnent beaucoup”

 

Bien que la compétition existe, le directeur général d’AXYS Investment Partners Ltd est confiant qu’AXIOM se démarque des autres fonds d’investissement. La preuve, explique Constantin de Grivel, est déjà dans la performance en comparaison à l’indice SEMTRI de la Stock Exchange of Mauritius. Notre interlocuteur est d’avis que pendant trop longtemps, on a proposé des investissements bancaires aux Mauriciens, alors que les alternatives sont là et sont plus rémunératrices qu’un dépôt bancaire. Pour ce qui est de la Bourse, Constantin de Grivel avance que les perspectives s’annoncent meilleures après cinq années de mauvaise performance, ce qui était « du jamais vu » à Maurice

 

>> Pour épargner, nous avons déjà les banques, ainsi que d’autres moyens disponibles sur le marché local. Tous les Mauriciens n’ont pas forcément une culture de l’épargne. Pensez-vous qu’AXIOM pourra les inciter à épargner ?

C’est le but ! Les Mauriciens, bizarrement, épargnent beaucoup. Ils n’ont pas beaucoup de dettes. Le problème est, peut-être, qu’on leur a trop proposé des investissements dits bancaires, comme des dépôts. Sur 30 ans, ça paie moins. C’est prouvé mondialement, et c’est encore plus vrai à Maurice.

Sur les 25 dernières années que la Bourse existe, une moyenne d’investissement aurait rapporté entre 13% et 14% en roupies sur la Bourse locale, alors que vous auriez fait une moyenne entre 8% et 9% au niveau des banques. Le but, c’est d’expliquer aux Mauriciens que s’ils veulent réaliser leurs objectifs financiers, il faut s’intéresser à la Bourse. Il faut investir avec des professionnels, et investir sur le long terme.

[BIZweek 129]

 

Nicole Anderson, CEO of FinTech Circle Innovate

“You are just starting the journey towards FinTech”

 

 What better symbol than a conference to show Mauritius is embarking on its journey towards FinTech? Lessons can be learnt from countries which have already trod this path. We can then execute, since all the key  building blocks are in place. So says Nicole Anderson, CEO of FinTech Circle Innovate, who was the keynote speaker at the UK-Mauritius FinTech Conference organised, on Wednesday 25th of January, by the British High Commission in Mauritius and the Financial Services Promotion Agency

 

 >> Does Mauritius lag behind, or are we keeping pace with FinTech development happening across the globe?

You are just starting the journey. Such a conference is very much a symbol of that, and that’s alright. To be first does not always mean you are efficient. To be first does not always mean you are going to be successful. Some global finance investors that have embarked on this journey have wasted time and have invested in things that have not been valuable. London is included, by the way. There are lots of things which have cost a lot of money and have wasted people’s time. So, Mauritius can learn from all of these things. What you heard during the conference is basically how you are going to execute based on where Mauritius is, economically, and from an innovative economy perspective, and from a regulatory perspective. It has got all the key building blocks. Now, it is about executing.

[BIZweek 130]

 

Gérard Sanspeur, Chairman de la FSPA

C’est une erreur d’avoir créé la FSPA

 Deux semaines déjà qu’il a été nommé à la Financial Services Promotion Agency. Gérard Sanspeur nous livre ses premiers constats quant au fonctionnement, aux activités, au bilan, voire à l’utilité et l’existence même de cet organisme. Le nouveau Chairman évoque aussi ses grands axes prioritaires pour le secteur des services financiers

 

 >>  Les activités de promotion et de développement du secteur financier, dont vous faites mention ici, étaient initialement sous l’égide du Board of Investment (BoI). Pourquoi avoir créé la FSPA et y avoir transféré ces responsabilités ?

Les décideurs ont sans doute pensé que ce transfert de responsabilités allait optimiser les résultats dans le secteur financier. Notons cependant que la tendance mondiale est de rassembler toutes ces entités dédiées à la promotion et au développement sous une seule institution. Cependant, il faut avouer que la FSPA a été créée pour satisfaire un peu l’ego d’une personne.

Si les ressources faisaient défaut au niveau du BoI, il aurait fallu lui donner les moyens de répondre aux nouveaux enjeux de l’économie moderne.

>> La création de la FSPA a donc été une erreur ?

C’est une erreur d’avoir créé une nouvelle entité en pensant que ce serait mieux pour le secteur car, au final, il y a beaucoup de duplications. Si on regarde le résultat, sur la trentaine de membres du personnel de la FSPA, une bonne vingtaine sont des administratifs, comme je l’ai d’ailleurs déjà souligné.

Effectivement, pour une raison que je n’ai pas pu comprendre, on a pris une mauvaise décision. Ainsi, la FSPA se trouve isolée du BoI, de toute la structure internationale que nous avons mise en place en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères. C’est une mauvaise décision qui n’a pas été étudiée. Parfois, une fusion demande, certes, une décision politique. Mais dans ce cas précis, on aurait dû vraiment prendre le temps d’en étudier l’impact sur l’efficience même de la promotion des services financiers.

[BIZweek 132]

 

Maurice Lam, Chairman of AfrAsia Bank

 “Time for Mauritius to affirm its commitment”

 “I just renewed my Permanent Residence Permit in Singapore online. It took me not more than 5 minutes to have it renewed for another 5 years.” Although it would be a mistake to copy the Singapore model of economic development, Mauritius could benefit from insights about its thinking and decision-making processes, says Maurice Lam, Chairman of AfrAsia Bank. He also affirms that on paper, Mauritius has the necessary ingredients to attract investors, but things are altogether different in reality. He also talks about the geopolitical changes prevailing, from China to America, and how Mauritius can fit in

 

 >> On a geopolitical level, how do you see things? There are so many things happening in America (Trump), Asia, India, England (Brexit)... How can we position ourselves in the middle of these changes?

My attitude is to embrace this current wave while being prepared to constantly evaluate objectively as much as possible events happening and be ready to cope with the generally unexpected events (most of the media and opinion polls had the incorrect expectations) like the Brexit vote and the Trump’s presidency. Mauritius has enough smart and experienced persons in both private sector and government to navigate during this period as they have done in the past. I am sure they know what to do.

This is a time for Mauritius to affirm its commitment to be an open economy – welcoming both foreign talents and capital and embracing free trades by signing one-to-one free trade agreement with countries like Australia, Sri Lanka and Bangladesh, in addition to China and India. As China is rebuilding the Silk Road, it is time for Mauritius to seriously build what used to be the Spice Road; linking South and South East Asia to Europe via Africa. Mauritius has a vast area of maritime territory, which remains untapped.

At the same time, it is time for the country to allow more young persons to be involved in the crafting of policies and decision making in the management of public and private sector organizations under the mentoring of experienced and older persons. They understand and are familiar with Internet related technologies, social media and social networks. The world is becoming more and more a world of networks. They can assist and support the integration of Mauritius in the global connectivity of networks.

[BIZweek 136]

 

Pariskshat Tulsidas, Senior Executive, Treasury & Markets, AfrAsia Bank

 “Creating liquidity in the bonds market will take time”

 On the lookout for better yields, institutional investors and private investors have turned to bond issues in the past decade. However, says Parikshat Tulsidas, Senior Executive of the Treasury & Markets at AfrAsia Bank, the bond market is still at a very nascent stage in Mauritius. The mentality of holding the investments to maturity has impeded on the growth of the secondary market. Although we are on the right track, creating liquidity in the bonds market will still take some time

 

 >>  Can we say that our secondary market is well developed? It is said to be illiquid…

We have to bear in mind that the corporate bonds market in Mauritius is at a very nascent stage and, although Government bonds and Treasury Bills have been in existence for a long time, mainly institutional investors have been investing in those. The mentality has been that of holding the investments to maturity, and this has impeded on the growth of the Government Securities secondary market itself. Therefore, now there is a big push to create liquidity in the government Treasury Bills and bonds secondary market. Recently, the BoM has appointed four Primary Dealers as a result.

By limiting the number of primary dealers, the market will become more competitive and liquidity will also increase, which will in turn help in attracting foreign investors to trade in Mauritian paper. It will also bring about sophistication, with the development of a repo and interest derivative market. The idea is to promote the culture of held-for-trading with fund managers, pension funds, insurance companies as well as banks.

Therefore, creating liquidity in the corporate bonds market will take some time, but I think we are now on the right track. Once the trading mentality kicks in on the Government bonds market, we will see the follow through on the corporate bonds market as well. Investors need to realize that they don’t have to hold bonds to maturity; they can take advantage of price movements to take profit or even cut losses and trade in different instruments. We need the whole investor community to play the game though.

[BIZweek 137]

 

Assad Abdullatiff, Managing Director, Axis Fiduciary Ltd

 “Il n’existe pas de centre financier parfait”

 Maurice possède certes le capital humain, mais souffre d’un manque de professionnels spécialisés. Assad Abdullatiff, Managing Director d’Axis Fiduciary Ltd, partage l’opinion des intervenants qui s’exprimaient dans le cadre du 15e anniversaire de la Standard Chartered Bank (SCB) à Maurice. Selon lui, il faut encourager les expatriés à revenir pour faciliter un transfert de connaissances et d’expérience. Par ailleurs, il est d’avis qu’il faut encourager les ‘fund managers’ à s’établir à Maurice, ce qui ajoutera plus de substance à notre centre financier. Enfin, Assad Abdullatiff explique pourquoi il faut vendre Maurice autrement qu’un « gateway to Africa »

 

 >> Les scandales financiers évoqués dernièrement ont-ils nécessairement un impact sur le secteur et les investisseurs ?

Premièrement, je ne pense pas que ce soit un scandale financier. La façon dont cette affaire a été traitée par la presse, pas tout le monde, mais une partie de la presse, c’est cela qui a fait du tort à la juridiction. Pas l’affaire elle-même. Il n’y a pas d’affaire, d’après ce que j’ai lu dans la presse. La personne en question n’a pas été trouvée coupable. Par contre, effectivement, on a souffert d’une mauvaise presse. Cela entache la juridiction mauricienne. C’est pour cela que je pense, comme beaucoup de personnes, que la presse a aussi un rôle à jouer. Elle doit être responsable par rapport à la manière dont les affaires sont relatées.

Mais dans un centre financier, il y a toujours des problèmes. Il n’existe pas de centre financier parfait. Les autres panélistes ont parlé du PR. On fait effectivement très peu de PR.
Lorsque quelque chose du genre se passe à Londres, cela passe inaperçu. Pourquoi ? Parce que ce centre financier est tellement grand. Maurice est petit. Une petite chose se passe, et on la gonfle de façon disproportionnée. Ce matin (Ndlr: lundi) j’écoutais la radio et j’ai entendu qu’il y avait un autre scandale dans l’offshore. Un client a entamé des poursuites pour ne pas payer Rs 400 millions aux directeurs. Ce n’est pas un scandale. Si c’est une dispute commerciale, c’est pour cela qu’on a des cours de justice. Une dispute commerciale n’est pas un scandale.

[BIZweek 139]

 

Sarika Subdhan, Director of ADS Consulting

 “We cannot build our competitiveness on DTAAs”

 With the coming into force of the revised Double Taxation Avoidance Agreement (DTAA), time has come to re-engineer business strategies and to rethink our way of doing business. However, says Sarika Subdhan, Director of ADS Consulting, there is no “one fits all” model which can be proposed to investors. She also adds that DTAAs and other fiscal facilities can give a push to the launch of any project, but they cannot constitute the foundation of solid economic pillars of our country

 

 >> Should there be any qualm about other Treaties regarding Mauritius that could also be amended, or that could get their inspiration from the new Indian DTAA?

I am of the view that we cannot build our competitiveness on DTAAs and on the fiscal benefits provided thereunder exclusively. Mauritius has drawn on long-established links with India to develop its global business sector at start up stage and is currently using its belonging to the African region to position itself as a natural conduit for exponential growth in the emerging Africa trade corridor.

In this context, Mauritius has chartered its way by ranking first in Africa on the World Bank “Ease of Doing Business” Index. Our country also tops the African continent on key international benchmarks, namely the Heritage Foundation Index of Economic Freedom, the Forbes Survey of Best Countries for Business, the Democracy Index, the Mo Ibrahim Index of African Governance and the Environmental Performance Index, amongst others. Given the wide scope of in-built features that already define our competitive edge, we have to further progress through other alternatives than mere DTAA networks.

DTAAs and other fiscal facilities can indeed consist a push at the launch of any project, but they cannot constitute the foundation of solid economic pillars of our country. Ultimately we have to owe our success and ensure our sustainability through our hard work and ingenuity.

[BIZweek 142]

 

Vassen Kauppaymuthoo, Océanographe et ingénieur en environnement

Il faut revoir notre système de surveillance

 

 Manque de sérieux, d’application et d’exemplarité. Les mots ne manquent pas à Vassen Kauppaymuthoo, Managing Director et CEO de Delphinium Ltd, qui est océanographe et ingénieur environnemental, pour affirmer que notre Zone économique exclusive (ZEE) n’est pas suffisamment surveillée et protégée. Selon lui, il ne suffit pas de construire quelques bateaux de surveillance pour être convaincu de résoudre le problème de pêche illégale dans les eaux territoriales de Maurice

 >> Si nous avons à tenir compte des discours budgétaires 2010 - 2016, direz-vous que presque rien n’a été dit ou fait par rapport à la sécurité de notre ZEE?

Je pense que certaines actions ont été prises, mais ces actions dénotent un manque de volonté et de proactivité. Ce n’est pas en construisant quelques bateaux de surveillance que nous allons résoudre le problème. Il y a, aujourd’hui, des exemples, comme les Seychelles et des méthodes de surveillance faisant appel aux dernières technologies qui permettent de traquer et de saisir les bateaux de pêche qui opèrent illégalement dans nos eaux territoriales.

Combien de bateaux avons-nous arraisonnés ? Que trois ou quatre, alors qu’il y en a des centaines… Il faut revoir tout le système de surveillance, mais aussi démontrer notre volonté, si nous en avons une. Certains pays y arrivent, alors pourquoi pas nous ?

[BIZweek 144]

 

 

Sanjiv Mihdidin, Managing Director, Smart Property Ltd

 “Il faut inclure les PME dans les projets de Smart Cities”

 

 L’immobilier est un métier complexe qui ne se fait pas au petit bonheur. Sanjiv Mihdidin, Managing Director de Smart Property Ltd, une nouvelle entreprise spécialisée dans les services consultatifs et de gestion intégrée dans le secteur de l’immobilier, est d’avis qu’on ne devient pas promoteur simplement en possédant des terres. Il soutient également qu’on a tendance à penser que le secteur immobilier se limite à de nouveaux projets de développement, alors que le bâti génère un rendement continu

 >> Le gouvernement a initié plusieurs nouvelles mesures pour le secteur immobilier. à votre avis, sont-elles suffisantes ou les obstacles persistent-ils ?

Les mesures mises en place à ce jour ont créé un certain dynamisme dans le secteur de par une ouverture à une clientèle étrangère et tout récemment par une incitation fiscale. à mon avis, les dernières mesures devraient booster le secteur de la construction pour le faire sortir d’une période de contraction successive.

Je suis pour une réflexion plus large et holistique pour le secteur et l’île Maurice dans son ensemble. Je m’explique – les axes d’amélioration reposent sur cinq aspects :

(i) Une révision complète de notre stratégie globale d’urbanisation et les lignes directrices de planification pour une île Maurice moderne et belle où il fait bon vivre, intégrer les améliorations d’infrastructures aux villes existantes et nouvelles tout en développant des normes modernes et technologiques appropriées pour que l’on ne répète pas les mêmes erreurs commises à ébène par exemple.

(ii) Vu l’ampleur des incitations fiscales (estimées à Rs 15 milliards) accordées, il faudrait formuler une mesure d’inclusion des PME dans les projets de Smart Cities comme condition sine qua non pour éliminer certaines intégrations verticales à outrance, comme dénoncées récemment dans un discours ministériel. Toutes les composantes de la population devraient être partie prenante de ces grands développements à venir.

(iii) Pour rebondir sur la participation de la société civile et les professionnels de tous bords, je salue l’initiative de Landscope pour le Highlands City Consultative Workshop. Il faut que les autres promoteurs fassent de même pour une meilleure appréciation et compréhension de leurs projets respectifs.

(iv) L’incitation fiscale des Smart Cities telle que définie aujourd’hui risque d’accroître l’offre sans pour autant générer une demande adéquate. Il aurait fallu aussi étendre ces incitations au niveau de la demande.

(iv) Finalement, si on veut une île Maurice intelligemment pensée et ‘smart’, je recommande une autorité telle que la « Singapore Redevelopment Authority », qui a pour mission de – « make Singapore a great city to live, work and play in » avec à la clé une participation communautaire, et emmener cette intégration holistique dans un contexte où l’espace est limité, tout en agissant pour faciliter l’obtention des permis.

[BIZweek 147]

 

Dev Sunnasy, Président de la MITIA

 

Sur 11 secteurs, les grands groupes en dominent 10

 

 Il est un des premiers à avoir commenté l’article ayant pour titre « Plus de 400 compagnies contrôlées par trois groupes », paru dans BIZweek. Dev Sunnasy, président de la Mauritius IT Industry Association (MITIA), défend les Petites et moyennes entreprises (PME). Dans l’interview qui suit, il brosse un tableau de la
situation des PME face à des dinosaures et déclare que le poids sectoriel des grands groupes est plutôt inquiétant

 

 >> « Je note une réalité du secteur privé qui perdure toujours. Il s’agit de la présence de plusieurs groupes mauriciens qui sont présents de façon dominante dans un grand nombre de secteurs d’activités à Maurice. » Partagez-vous cet avis de Jean Michel Giraud, ancien CEO d’UBP ?

Regardons tout d’abord la distribution des secteurs dans notre Produit Intérieur Brut (PIB). Sur 11 secteurs, les grands groupes en dominent 10. Donc les conglomérats touchent presque tous les secteurs. Il n’y a donc pas de débat à ce sujet. Jean-Michel Giraud rejoint les mêmes points de vue de plusieurs ministres qui se sont exprimés sur ce sujet, il y a quelques mois. Ils parlaient de discrimination positive et de partenariat, mais dans la réalité, plusieurs conglomérats entrent de plus en plus dans les métiers traditionnels des PME. C’est le rôle de l’État de réguler les situations anormales.

[BIZweek 153]

 

Meyyappan Nagapen, Senior member of International Tax Practice, Nishith Desai Associates

 “Not notifying the India-Mauritius treaty is a smart move”

 Despite the amended India-Mauritius tax treaty, there are opportunities that still make Mauritius an attractive jurisdiction going forward. One of them is structuring debt investments, says Meyyappan Nagappan, senior member of the International Tax practice at Nishith Desai Associates, India. He was in Mauritius for a workshop organized by Parker Randall Business School. The latter also shares his comments about the Multi-Lateral Instrument (MLI) under the Organisation for Economic Co-operation and Development’s Base Erosion Profit Shifting (BEPS) and affirms that Mauritius has “made a smart move” by not notifying the India-Mauritius treaty under the MLI. This makes Mauritius a less risky route

 

 >> With the application of the MLI, are treaties still of relevance?

Yes. In fact it makes them very relevant because it increases subjective risks that may close certain opportunities as it becomes difficult to assess the tax cost on a certain transaction or in running a cross-border business.

The MLI has increased the subjectivity and riskiness in an investor’s mind as to whether they can actually get the treaty benefit or not. By keeping India out of it, I think Mauritius has played a smart move, especially because the India-Mauritius treaty has just been recently negotiated. Therefore, arguably there is no reason to further amend the treaty or subject it to additional conditions under the MLI.

[BIZweek 158]

 

 

 

Milan Meetarbhan, Avocat constitutionnel et auteur de ‘Constitutional Law of Mauritius’

 “Il est nécessaire de revoir notre Constitution après 50 ans

 

  A l’approche du 50e anniversaire de l’Indépendance de Maurice, l’avocat constitutionnel, Milan Meetarbhan, a lancé son ouvrage intitulé « Constitutional Law of Mauritius – Constitution of Mauritius with Commentaries ». Il est grand temps, selon lui, de revoir notre Constitution afin d’y incorporer les nouvelles tendances et surtout, de passer en revue « ce qui a ou n’a pas fonctionné » lors de ce demi-siècle. Il trouve également que la Constitution doit être vulgarisée davantage auprès des Mauriciens

 

 >> Parlez-nous de votre ouvrage, « Constitutional Law of Mauritius – Constitution of Mauritius with Commentaries ». Pourquoi un tel ouvrage ?

J’ai souhaité faire un survol de la pratique constitutionnelle depuis l’Indépendance. Mais aussi un survol de la jurisprudence mauricienne, qui a beaucoup évolué au cours de ces 50 dernières années. C’est une évolution positive puisqu’elle a bougé vers une plus grande protection des droits fondamentaux.

Je pense également que le 50e anniversaire de la Constitution, c’est aussi l’occasion de revoir comment elle a fonctionné, ou pas assez bien fonctionné. On doit aussi voir quelles sont les nouvelles tendances et  normes sur le plan international, surtout en ce qui concerne la protection des droits fondamentaux, et comment on peut mettre à jour notre Constitution. Vous verrez, en lisant l’ouvrage, que j’ai utilisé un format commentaires. C’est-à-dire que vous trouverez les différentes sections de la Constitution suivies de mes commentaires et analyses. Aussi, dans beaucoup de cas, tous les jugements relatifs aux différentes dispositions de la Constitution.

[BIZweek 160]

 

Nishith Desai, Founder and Managing Partner, Nishith Desai Associates

 “Mauritius can be a major player in Tax Arbitration”

 For Nishith Desai, Founder and Managing Partner of Nishith Desai Associates, certainly does talk passionately about “innovation”. For him, innovation is no longer a nice thing to have, but a must. Even for law firms. His state-of-the-art campus named Aligunjan, due to open on the 30th of December, is proof of that. On a more general note, Nishith Desai talks about the India-Mauritius Treaty, and suggests that Mauritius can become the first of its kind Tax Arbitration Centre since more and more treaties now include arbitration clauses. Commenting on international developments, he is of the view that the Base Erosion Profit Shifting (BEPS) is “a little boring”. Q&A with Nishith Desai while the eminent Indian lawyer was in Mauritius along with his team for a retreat

 

 >> You also talked about tax arbitration, with more and more tax treaties including tax arbitration clauses. How can Mauritius position itself in this respect?

I think more and more tax treaties are now heading for tax arbitration. That is the way it will have to go because when, as a country, you have to fight a case in different countries, sometimes the courts are neutral, and sometimes they are not, and the tax authorities are not neutral as well. This means that to resolve the matter, it is better to have tax arbitration, and I strongly believe that Mauritius can develop itself into a major player in creating maybe the first of its kind Tax Arbitration Centre. We are always helpful for that. It would be very useful to create a Tax Arbitration Centre in Mauritius so that the global tax disputes can be resolved in this beautiful island.

[BIZweek 161]

 

 

John Crawley,  Global Expert Trainer, Institute of Risk Management

 “Do board members know why they are there?”

 For years, there was not sufficient guidance provided for directors to understand their responsibilities. In the meantime, we had scandals like Enron, Lehman Brothers, Royal Bank of Scotland… In the wake of the collapse of these important actors, directors’ role and responsibilities are being given due attention. John Crawley, a global expert trainer from the Institute of Risk Management, talks about it with BIZweek, last Thursday, at Ebène during a workshop entitled “Risks in the Boardroom’ organized by BDO & Co

 

 >> We are talking about risks in the boardroom. What are these risks?

We could get very fancy by talking about sophisticated risks. But what we are trying to talk about today [Note: last Thursday] in terms of risks in the boardroom is basic risks. Do the board members actually know why they are there? Either they are there because they are the friends of the Chairman and are part of an old boys’ club or they are there because they can actually bring some experience and governance within the company that they are the board members of. Yes, we are talking about board members waking up to their responsibilities and knowing why are they really there and what value do they add to the organization. And the big risks are really going to be risks around knowing the business and knowing where the business is going, as well as what they are prepared to do to get there on the journey the business is going on. In other words, knowing what is right and wrong for the business and really being able to answer the question – if there is a mistake made, are they sorry it was caused or are they sorry they did it? And they better be sorry they did it.

[BIZweek 163]

 

 

Marc Hein SC, Chairperson, Juristconsult Chambers

 “Where does FinTech sit within the Mauritian legal framework?”

 Juristconsult Chambers organised the first FinTech Conference on the legal challenges and opportunities of FinTech, Blockchain and Cryptocurrencies on the 10th October at the Hennessy Park Hotel, ébene. We interviewed its Chairperson, Marc Hein, SC, ahead of the said Conference

 

 >> Your law firm is organising a conference on Fintech on the 10th October 2017 entitled ‘FinTech, Blockchain & Cryptocurrency: Legal challenges and opportunities’. Can you tell us more on this event?

Well, I believe it is important to organise such an event as most workshops that have been organised so far pertain to the financial aspect of FinTech but with no real emphasis on to the legal challenges and opportunities of this industry.

It is very important to look at what is the legal framework that exists or will exist for the operation and regulation of this new and innovative industry. The Bank of Mauritius and the Financial Services Commission are the two main regulatory bodies in the Mauritian financial services scenery.

The Bank of Mauritius regulates the banking sector and the Financial Services Commission regulates non-banking financial services. Under Mauritian law, contracts to buy and sell are governed by the Civil Code. For the operation and regulatory aspect, we need to look at the Banking Act, the Financial Services Act and the Securities Act. There are now investors wishing to set up investment funds to deal with cryptocurrencies such as Bitcoins and Ethereum, and we need to update our laws and regulations.

So where does FinTech sit within the Mauritian legal framework? With the help of foreign experts, the conference will give the opportunity to management companies, banks, start-ups and professionals operating in the financial sector to enhance their knowledge and also to find the answers to the legal challenges and opportunities of the Mauritian FinTech industry.

[BIZweek 165]

 

Stephen Platt, Chairman and CEO, KYC Global Technologies

 “Compliance Officers do not feel empowered”

 

 The recent financial scandals reflect poorly on Mauritius. The industry needs to redouble efforts to optimize risk management. However, says Stephen Platt, Chairman and Chief Executive Officer of KYC Global Technologies, Compliance Officers feel that they do not have sufficient level of authority or resource to do their job properly. BIZweek had a quick chat with Stephen Platt during the AML Masterclass hosted by Temple Professionals Ltd, at Hennessy Park Hotel, ébène

 

>> Are our Compliance Officers well-equipped and prepared to identify and deal with cases related to money laundering?

There are Compliance Officers in Mauritius, who are doing their best in difficult circumstances. I know that some of them do not feel empowered. They do not feel that they have a sufficient level of authority or resource to do their job properly. They are simply there to tick boxes. That’s very troubling. Everybody in an organization should be aligned in their attitude to compliance. There are obviously principals of businesses in

Mauritius who are not prepared to relinquish control – they want to control everything and are scared of what will happen to certain lucrative relationships if the Compliance Department isn’t controlled. In some cases, the principals even want to control the externalization of Suspicious Transaction Reports (STRs) to the Police. That’s a real problem because Compliance Officers and Money Laundering Reporting Officers are in the line of fire. It’s unfair to put them in an accountable position, but not give them the authority to do their jobs properly.

[BIZweek 166]

 

Leo Lee, ACCA Deputy President

 “Technology is not a threat to our accountants”

 

 All professional accountants will be expected to look beyond the numbers. They will also be expected to make professional judgments. Leo Lee, ACCA Deputy President, who was in Mauritius, is of view that the profession will continue to be in demand, despite technological disruption. It will be up to accountants to change and add value for their employers and clients. Whoever says that robots will replace accountants has got it wrong

 

 >> We witness technological evolution almost every week or day. How can the profession evolve to keep pace with technology?

That’s very true. When I started in the profession things were very different. Technology is not a threat to our accountants: it’s an opportunity. Technology is the natural next-step in the evolution of finance transformation, but tech does not build relationships or replace systems and staff. The accounting profession is facing a unique opportunity. Digital is enabling the traditional finance function to shift up the value chain, from scorekeeper and caretaker to communicator and business partner.

Transactional tasks are being outsourced, and cost effectively so, and opportunities have been freed up for professional accountants to become business partners. Accountants are at the front line of change, and our profession has a huge role to play in ensuring that we embrace technological changes, and use them to efficiently run finance and businesses.

[BIZweek 170]

 

 

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