Rétrospectives 2017 - Organismes et institutions : Ces têtes qui ont changé

Ils sont venus et sont partis. Certains ont laissé leurs empreintes. D’autres ont pris la porte de sortie dans des circonstances peu cordiales. Plusieurs départs ont eu lieu en 2016, et ce n’est que cette année que les remplaçants ont été annoncés. Dans des cas, la raison est le non renouvellement de leurs contrats. Le dernier en date est celui du gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi. Il cède sa place à Yandraduth Googoolye qui a été, pendant presque une décennie, le First Deputy Governor

H.L.-B

 

Il sera gouverneur de la Banque centrale à partir du  lundi 15 janvier. Yandraduth Googoolye, First Deputy Governor depuis plus d’une décennie, remplace ainsi Ramesh Basant Roi, dont le contrat n’a pas été renouvelé. Ainsi en a décidé le Premier ministre, comme stipulé dans la Bank of Mauritius Act. Il aura passé trois ans à la Banque de Maurice (BoM).

La coïncidence voulait qu’on consacre ce numéro de Rétrospectives 2017 aux changements intervenus cette année à la tête de corps paraétatiques et autres institutions.

 

SICOM – Karuna Obeegadoo prend sa retraite

Elle a pris sa retraite effective le 30 septembre. Karuna Bhoojedhur-Obeegadoo, occupait jusqu’alors le poste de Group Chief Executive du groupe SICOM, et ce depuis 1996. Soit pendant presque 11 ans. Si d’habitude, chaque changement de gouvernement est suivi d’une valse de CEOs et de Chairmen, Karuna Bhoojedhur-Obeegadoo fait exception à la règle. Elle a assumé son poste jusqu’à sa demande de retraite. Elle demeure aussi l’une des rares femmes à avoir été à la tête d’un corps parapublic pendant aussi longtemps. C’est en 1990 qu’elle prend l’emploi à la SICOM, plus précisément au département Life, Pensions and Actuarial en tant qu’actuaire et Manager. Dans la même foulée, elle est nommée ‘Actuarial Adviser’ du National Pensions Fund. En attendant de trouver celui ou celle qui la remplacera, c’est Gilles Chaperon, la Chief Support Officer qui, en tant qu’Acting Group Chief Executive, assure la suppléance. Il s’est joint à l’équipe de la SICOM en 1981 et a, depuis, gravi les échelons.

 

Turbulences à Air Mauritius

Il était celui dont tout le monde vantait les mérites. Pour avoir redressé financièrement des institutions comme Mauritius Telecom et la State Trading Corporation (STC). Air Mauritius avait besoin d’une telle personne pour l’aider à remonter la pente. Megh Pillay a occupé le ‘hot seat’ pendant au moins huit mois en tant que Chief Executive Officer (CEO). Novembre 2016 a ainsi apporté son lot de surprises et d’incompréhensions lorsque le pays apprend qu’il est licencié après la tenue d’un ‘board’ spécial le 28 octobre. D’une part, on évoque des conflits persistants entre le CEO et le Chairman Arjoon Suddhoo, et d’autre part les circonstances entourant la mise sur pied d’un comité disciplinaire pour entendre l’Executive Vice President Commercial, Mike Seetaramadoo, comme étant à l’origine de la résiliation de son contrat. En attendant, Raja Buton, Executive Vice President Strategic Planning, est nommé Officer in Charge de la compagnie d’aviation.

Huit mois plus tard, soit le 14 juillet 2017, Somaskaran Appavou est nommé CEO d’Air Mauritius. Il compte une vingtaine d’années d’expérience dans le domaine de l’aviation. Il avait débuté sa carrière au département Strategic Planning d’Air Mauritius, avant de se tourner vers Airbus.

 

Chand Bhadain quitte la DBM

C’est sous son règne que la Development Bank of Mauritius (DBM) aura renoué avec la profitabilité. Pour l’année financière 2016, le compteur indiquait Rs 8,3 millions de profits, et ses dettes de Rs 3 milliards avaient été remboursées. C’est ce que laissait entendre, en 2016, Vishnu Lutchmeenaraidoo, alors ministre des Finances, à propos de Chand Bhadain, Président du conseil d’administration de la DBM. Ce dernier avait été nommé en février 2015.

Or, le 30 janvier 2017, Chand Bhadain soumet sa démission de la DBM quelques jours après que l’ex-ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, décide de ne plus faire partie de l’actuel gouvernement.

Ainsi, en mars, le Cabinet ministériel avalise la nomination d’Anand Babbea en tant que Chairman de la DBM en remplacement de Chand Bhadain. Il a été le Head of E-commerce de Cim Finance Ltd, et le Senior Chief Officer de la State Bank of Mauritius (SBM).

 

Les bleus remplacés à la MHC et ATOL

En avril 2015, le secrétaire général du PMSD est nommé à la présidence de la Mauritius Housing Company (MHC). Les bleus, sous le leadership de Xavier-Luc Duval, font alors partie du gouvernement. Toutefois, décembre 2016 voit la démission en masse des bleus. Y compris celle de Mahmad Kodabaccus. Ce dernier se retrouve toutefois au centre des controverses, et l’Independent Commission against Corruption (ICAC) démarre, en janvier, une enquête sur le recrutement d’un employé au département des ressources humaines. Il est interrogé en avril.

C’est en mars 2017 que le Cabinet avalise la nomination de Deepak Balgobin à la tête du conseil d’administration de la MHC après le départ de Mahmad Kodabaccus. Il était, avant sa nomination, directeur des ressources humaines à l’hôtel Shanti Maurice.

Et c’est toujours en mars que Johnny Thierry Dieudonné Dumazel est nommé à la présidence d’Airport Terminal Operations Ltd (ATOL). Il remplace Roshan Seetohul qui avait quitté ce poste dans le sillage du départ du PMSD du gouvernement.

 

Remous à l’ICTA

En novembre 2016, sir Anerood Jugnauth – alors Premier ministre – annonce au Parlement le départ de Bhanooduth Beeharee, Chairman de l’Information & Communication Technologies Authority (ICTA). Il est finalement révoqué le 19 janvier 2017, et le conseil d’administration est dissous après la promulgation d’amendements qui ont rendu caduc le ‘board’. Bhanooduth Beeharee a fait l’objet de plusieurs critiques avant sa mise à pied, surtout par rapport à certaines de ses décisions. Et on se souvient aussi de son agression, en 2016, ainsi que les épisodes successifs concernant le Chairman et l’avocat de l’ICTA, Kailash Trilochun, et le paiement controversé de Rs 19 millions à ce dernier.

Deux mois après la dissolution du board de l’ICTA, le Cabinet ministériel approuve la nomination de Mahmad Aleem Bocus au poste de président de l’organisme. Ce dernier y a déjà travaillé, ayant été le premier directeur du département légal lors de la création de l’ICTA en 2002.

 

SIC : Un appel à candidatures lancé

Les finances de la State Investment Corporation (SIC), du moins de ses casinos, font jaser. Plusieurs de nos dirigeants l’ont d’ailleurs répété : Maurice est probablement le seul pays où les casinos font faillite. Est-ce cela qui pousse Banoomatee (Rita) Veerasamy à la retraite pour laisser la place à un nouveau Managing Director ? Il n’empêche qu’un appel à candidatures dans ce sens a été lancé deux mois de cela. D’ailleurs, la nomination de Rita Veerasamy à la tête de la SIC, en tant qu’Acting Managing Director, n’aura pas été de tout repos. Si son style de gérer les affaires de l’organisme est décrié, ses liens de parenté avec le ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo le sont aussi.

Sa rémunération avait fait l’objet d’une question parlementaire. Un salaire mensuel de Rs 123 895 en tant que Group Corporate Secretarial Manager. Ajoutez à cela, Rs 55 000 comme ‘acting allowance’, Rs 11 133 pour le transport, Rs 8 659 comme ‘driver allowance’ et une allocation de voiture de Rs 40 792. Sans oublier une ‘directorship allowance’ de Rs 50 000. Au total, Banoomatee Veerasamy, Acting Managing Director de la State Investment Corporation (SIC), touche Rs 289 479 mensuellement.

 

Raouf Gulbul quitte la GRA

Vers la fin de novembre, Me Raouf Gulbul démissionne comme Chairman de la Gambling Regulatory Authority (GRA). Sa démission était d’ailleurs attendue par les membres de l’opposition siégeant au Parlement, car Me Gulbul a été convoqué plusieurs fois devant la Commission sur la drogue, présidée par l’ancien Juge Paul Lam Shang Leen. Le nom de l’avocat a été cite à plusieurs reprises par des personnes interrogées dans le cadre de la Commission sur la drogue. Il est soupçonné, entre autres, d’avoir influencé certains témoignages et d’entretenir des liens avec des barons de la drogue. Selon le Premier ministre, Me Raouf Gulbul a personnellement fait part de sa décision de quitter son poste à la GRA vu la conjoncture actuelle. Il a été nommé président de la GRA en mars 2015. La même année, son salaire avait fait l’objet d’une question parlementaire. Un document déposé à l’Assemblée nationale devait démontrer que son salaire était passé de Rs 50 000 à Rs 95 000 en l’espace de deux mois.

 

Du nouveau à la FSC

Il a été nommé le 14 juillet. Harvesh Seegolam devient Chief Executive Officer (CEO) de la Financial Services Commission (FSC) à plein temps deux ans après le départ de Clairette Ah-Hen. Entretemps, P.K. Kuriachen a assuré l’intérim pendant des mois. Toutefois, l’ombre de Kuriachen plane toujours sur la FSC. Il est le nouveau représentant du « representative office » de la FSC à Mumbai. Sous son règne, la FSC a eu à faire face à des critiques sur des dossiers épineux comme la saga New Mauritius Hotels et Alvaro Sobrinho.

Pour sa part, avant de devenir CEO de la FSC, Harvesh Seegolam était CEO de la Financial Services Promotion Agency (FSPA). Avant cela, il s’occupait du ‘cluster’ Innovation, Technologie et Services au sein du Board of Investment (BoI). Sa responsabilité était d’attirer les investisseurs étrangers vers les différents secteurs du pays, avec une attention spéciale pour l’ICT, l’outsourcing, l’industrie du cinéma et la biotechnologie entre autres.

 

Jairaj Sonoo quitte la SBM

En 2016, il est nommé CEO des Overseas Operation, alors que Raj Dussoye devient le nouveau CEO de la SBM. Or, en octobre de cette année, sa personne fait l’objet d’une suspension. Mais il aurait déjà fait valoir ses droits à la retraite depuis août. L’avis de suspension aurait pour toile de fonds l’acquisition de deux portions de terrain dans la région d’ébène pour un montant de Rs 179 millions. Les terrains, qui devaient abriter un SBM Village, auraient été achetés à une valeur supérieure à celle que préconisait l’exercice d’évaluation. Dans le cadre de l’enquête initiée sur ces transactions foncières, l’ancien président du conseil d’administration du groupe, Muni Krishna Reddy, devrait être également inquiété.

Pour rappel, Jairaj Sonoo a également été auditionné par les enquêteurs dans l’affaire de prêt en euros contracté par l’ex-ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo.

 

Quand la bonne gouvernance fait débat

Le Mauritius Institute of Directors (MIoD) a récemment lancé un appel à candidatures pour le recrutement d’un Chief Executive Officer (CEO). Début octobre, l’organisme est projeté dans l’actualité, et le 10 octobre, le MIoD adresse un courriel à tous ses membres pour expliquer le bras de fer, ou plutôt les « profonds désaccords », entre la Chairperson Heba Capdevila-Jangeerkhan et l’ex-CEO Juan Carlos Fernandez Zara.

« For the last 12 months, in repeated instances both verbal and written, the Board reminded JCFZ of his failure to deliver on one of the key expectations of his job as CEO, namely, the inability to provide a proper and detailed business plan, giving the Board very little visibility in terms of sustainability. This translated from a management perspective, into  a lack of budgeting, planning, preparation and follow-up in the overall administration of the MIoD, ongoing damaging of relationships with key collaborators including the local trainers and overseas consultants, coupled with a lack of follow up on the forums, committees, training programmes and director development programme.

As a result, after the close of the 6 months’ probation period provided for in his contract of employment, the Board did not confirm the contract of JCFZ, because it was not satisfied with his performance. After discussions with him, the Board gave him an extension on probation of 3 months », fait ressortir le conseil d’administration dans son courriel.

Or, les choses ne se seraient pas améliorées. D’où la décision de résilier le contrat de Juan Carlos Fernandez Zara.

 

 

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