Rapports annuels : Le contexte économique évolue-t-il ?

À l’issue de la réunion du Monetary Policy Committee (MPC), mercredi, la Banque de Maurice (BoM) a annoncé que le taux directeur sera maintenu à 3,50%. Il s’agit de la dernière réunion pour l’année 2017. Comme aujourd’hui marque le début du dernier mois de l’année, BIZweek débute sa série « Rétrospectives 2017 ». Rien de tel que de feuilleter quelques rapports annuels pour vérifier si le contexte économique a réellement évolué entre 2016 et 2017

On ne fera pas de commentaire sur le taux de croissance. Chacun y va de son interprétation de la chose. Le gouvernement a sa vision de la croissance. Le secteur privé a la sienne. Les syndicats aussi. Les économistes… et on en passe. Soit dit en passant que la Banque centrale a maintenu, à l’issue de la réunion du Monetary Policy Committee (MPC), le taux directeur ‒ le ‘Key Repo Rate’ ‒ à 3,50 %. Hier, la Chambre de Commerce et d’Industrie (MCCI) a présenté ses perspectives économiques. On ne commentera pas non plus les chiffres d’affaires et les profits ou pertes des groupes listés sur la Stock Exchange of Mauritius.

Avant de parler perspectives, il nous semble important de passer en revue l’année qui s’écoule. On est déjà à J-30 de 2018 ! BIZweek démarre ainsi sa série de « Rétrospectives 2017 ».

Qu’est-ce qui a changé en une année ? Plusieurs sociétés et groupes publieront prochainement leurs rapports annuels pour l’année financière prenant fin le 30 juin. Quelques-uns l’ont déjà fait. On en profite pour les feuilleter et vérifier si, effectivement, le contexte économique a évolué entre juin 2016 et juin 2017.

MCB : Pas de grands changements

On débute par le secteur bancaire. Le premier groupe bancaire du pays, dans son rapport de 2016 (qui couvre la période juin 2015 à juin 2016), évoquait un « challenging operating context ». Ainsi, le Chief Executive de la MCB, Pierre Guy Noël, faisait mention, dans son message de « enduring difficulties in the economic environment », aussi bien à Maurice que sur le plan international. Il a également soulevé le problème d’investissements privés qui a encore agi en tant que « drag on the economy », ce qui a affecté la demande de crédit bancaire. Sans oublier la fameuse « high liquidity situation » dans le système bancaire, et les « heightened levels of regulatory compliance ». Il a terminé son analyse en disant que l’environnement opérationnel « is likely to remain challenging amidst persisting global uncertainties with our markets still faced with excess liquidity », et en faisant ressortir que le crédit bancaire ne pourra gagner du momentum suivant la mise sur pied de projets publics et privés dans le sillage des mesures budgétaires.

A-t-il changé de ton dans le rapport 2016-17 ? Pas tellement. On a encore droit à du « challenging context » et « difficult business environment », ainsi que du « persisting sluggishness of investment » ou encore de la « persistence of excess liquidity conditions ». Pierre Guy Noël fait également référence à la demande de crédit, qui ne s’est pas tellement améliorée, puisque les grands groupes ont plutôt eu recours au « bond market » pour leurs levées de fonds. Ses remarques concluantes ne sont pas moins pessimistes que l’année précédente. Selon lui, des « challenging times lie ahead », marqués par une croissance graduelle puisque l’implémentation de plusieurs grands projets peine à se faire. La situation d’excès de liquidités perdurera, et la demande de crédit sera encore impactée. Des développements au niveau des règlements risquent de renchérir les « challenges ».

IBL : Encore des défis, mais…

« The global economic context remains challenging », mais des opportunités de croissance existent. Maurice demeure l’une des économies les plus compétitives d’Afrique subsaharienne. « Mauritius must now increase its competitiveness by creating a climate of innovation and improving the economy’s ability to absorb new technologies. It will be crucial for the Government to open up the economy to foreigners, invest in education for the long term, improve infrastructure in certain areas which are showing cracks and remove barriers to trade ».

C’est ce qui ressort du rapport annuel 2016 du groupe IBL. Cette année a été particulière pour ce groupe, car elle a été marquée par la fusion entre GML Investissement et Ireland Blyth Limited pour donner naissance à IBL Ltd. Dans le rapport au 30 juin 2017, le Chairman Jan Boullé fait ressortir que pour l’année financière écoulée, IBL Limited a bénéficié d’un « set of favourable market circumstances » en dépit d’incertitudes au niveau des politiques internationales et économiques. Cela n’a pas empêché le Produit intérieur brut (PIB) du pays de croître de 3,7% en 2016-17, ‘surperformant’ la moyenne globale de 2,3%. Les secteurs du tourisme, de la construction, des services financiers et la consommation ont tous enregistré une bonne performance.

S’il a été plus facile de comparer les rapports annuels du groupe MCB, la tâche s’est avérée légèrement compliquée pour les autres. À l’instar du groupe IBL ou encore le groupe ENL puisque ces deux groupes évoluent dans divers secteurs, de l’agro à l’immobilier, de la consommation au tourisme en passant par le secteur des services financiers… Chaque secteur connaît son lot de défis et, pour la plupart, les deux groupes ont affiché un mélange de pessimisme et d’optimisme. Au niveau d’IBL, par exemple, le cluster « seafood » demeure un sujet d’inquiétude en raison des mesures annoncées, depuis 2016, par l’Indian Ocean Tuna Commission (IOTC).

 

 

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