Croissance de 4,2% et inflation à 5% estimées pour Maurice

C’est mercredi que l’African Development Bank (AfDB) a rendu public son African Economic Outlook 2018. Le rapport consacre tout un chapitre aux différents pays du continent. Sous le volet ‘Ile Maurice’, les auteurs du rapport estiment que les « taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) devraient augmenter à 4,2% en 2018 et 4,3% en 2019, en raison d’investissements plus importants, d’un développement du tourisme, et de l’augmentation de la demande extérieure attendue du renforcement de la croissance régionale et mondiale ».

Selon le rapport, le déficit budgétaire devrait légèrement diminuer à 3,4% du PIB en 2017 contre 3,7% en 2016, et descendre encore en 2018, avec la mise en œuvre de mesures d’assainissement budgétaire et l’amélioration de la collecte de l’impôt. La Banque centrale a continué d’assouplir sa politique monétaire : son taux repo est passé de 4% en juillet 2016 à 3,75% en septembre 2017. Sa politique monétaire conciliante a été largement jugée appropriée compte tenu de l’inflation constamment faible, d’à peine 1% en 2016. Elle devrait toutefois augmenter en 2017 à cause de la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires. Le déficit du compte courant devrait passer de 4,4% du PIB en 2016 à 5,8% en 2017. Il devrait se creuser à court terme, compte tenu de l’augmentation prévue de l’investissement privé et de la forte composante d’importation du programme de l’État pour les infrastructures publiques.

L’AfDB cite plusieurs « facteurs négatifs » qui pourraient influencer le potentiel de croissance du pays.

« Les augmentations des cours de l’énergie et des produits alimentaires devraient avoir un impact négatif sur le solde du compte courant de Maurice et accentuer les pressions inflationnistes jusqu’à un taux d’inflation de 5% en 2018. L’accroissement prévu des dépenses ordinaires et une étroite base d’imposition risquent de limiter la marge de manœuvre budgétaire nécessaire aux investissements dans les infrastructures et le capital humain. D’autres facteurs peuvent nuire au potentiel de croissance de Maurice, notamment la bureaucratie de l’État, une capacité d’innovation insuffisante, et des contraintes de compétences, qui entravent le développement économique et contribuent au chômage, obstinément élevé à 7,5%. De plus, des contraintes institutionnelles pourraient saper les efforts pour accélérer les investissements publics et améliorer la prestation des services publics », lit-on dans l’African Economic Outlook 2018.

 

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