Coûteux et contraignant

Il revient à plus cher de faire des échanges commerciaux entre les pays d’Afrique qu’ailleurs. C’est ce que laisse comprendre Afzal Delbar, secrétaire général de la Freeport Operators Association, et aussi un habitué du continent. La solution, selon lui, est de développer une meilleure infrastructure et de procéder à une révision des protocoles commerciaux

H.L.-B    

 

Un conteneur de 20 pieds et ayant une charge de 30 tonnes, de la Chine à Düsseldorf (Allemagne), coûte USD 7 200. Par contre, le même conteneur, de Durban à la République Démocratique du Congo (RDC), revient à USD 10 000. Ce prix inclut les 25-30% de taxes et autres frais. « Les échanges commerciaux entre les pays d’Afrique coûtent plus cher que ceux entre la Chine et l’Allemagne, qui sont pourtant à des kilomètres de distance », lance Afzal Delbar, secrétaire général de la Freeport Operators Association. De même, le fret de Maurice vers Moroni coûte environ 2 000 euros. Celui vers Hong Kong USD 600, Taomasini USD 450 et Londres USD 1 400.

Des trois mouvements de la chaîne logistique (mouvement des marchandises, mouvement de l’information et mouvement des fonds), le mouvement physique des marchandises demeure le plus contraignant. « Certains convois commerciaux prennent cinq jours pour traverser les frontières. Et c’est encore plus difficile pour les pays enclavés. Pourquoi le fret est aussi élevé ? C’est à cause de la bureaucratie, la corruption et le manque d’infrastructures. Les règlements sont des fois tout aussi coupables », estime notre interlocuteur, qui compte plusieurs clients qui font des échanges commerciaux sur le continent.

En ce qui concerne les pays enclavés, il explique que, des fois, ils n’arrivent plus à exercer un contrôle sur les marchandises, qu’il existe des lacunes au niveau de la sécurité, et que finalement ils ne savent pas quand les marchandises arriveront à destination. Par exemple, pour se rendre au Zimbabwe, il faut passer par Maputo, explique-t-il.

 

SADC Border Chaos

Sous ce chapitre, il fait référence à un article de la Federation of East and Southern African Road Transport Association (FESARTA) ayant pour titre ‘SADC Border Chaos’. C’était le 20 et le 22 septembre dernier, suite à un amendement de l’article 60 des Customs and Excise (General) Regulations par la Zimbabwe Revenue Authority. On y lit ceci :

« The amendment requires that all vehicles are to be fitted with Customs seals, by the authorities. The seals are to be paid for by transporters in US dollars, and unsealed vehicles must be escorted in convoys, as and when organised by the Commissioner; this sometimes causes delays of up to 5 days. Similar queues and obstructions are being experienced at all borders. The amendment is already causing considerable obstruction with vehicles being delayed for up to 24 hours waiting for seals; removal of existing seals (which are required by consignors to verify load integrity); refusal to endorse documents, when seals are tampered with or removed; even damage to vehicles (drilling holes to fit seals) and further harassment regarding routes and police road blocks ».

Ceci, ajoute Afzal Delbar, n’est qu’un exemple parmi d’autres. La solution ? Revoir les infrastructures dans les pays d’Afrique, regrouper – sous un marché commun pour l’Afrique – tous les pays du continent et ceux de l’océan Indien, et non qu’une poignée et, enfin, revoir les protocoles commerciaux en Afrique.

 

Manque de volonté politique

« Quand les marchandises, sous un accord commercial, quittent un pays d’Afrique pour l’Europe ou les états-Unis, il n’y a aucun souci. Par contre, lorsqu’elles quittent un pays d’Afrique vers un autre, on doit faire face à toutes sortes de difficultés et de contraintes », poursuit notre interlocuteur.

Selon lui, il manque une certaine volonté politique de la part des gens qui sont dans l’ignorance de ce qui se passe au niveau des frontières. Ce qui résulte en une incapacité à trouver des solutions pratiques.

« A Maurice, la situation est quelque peu différente dans le sens où nous sommes une île éloignée. Et lorsque les marchandises quittent un pays pour accoster Maurice, nous sommes prêts à agir et réagir. La douane de Maurice s’est aussi nettement améliorée et offre un service plus rapide. Par contre, les contraintes et coûts inutiles émanent de ces agences qui ne font qu’exiger des permis pour le dédouanement », soutient Afzal Delbar.

 

 

Lettre aux instances régionales

Déçu par la tenue du 3rd African Union Customs Expert Trade Facilitation Forum à Maurice, du 20 au 22 septembre dernier, Afzal Delbar, qui est également le représentant de la Federation of Clearing and Forwarding Associations of Southern Africa (FCFASA), a adressé une lettre à la présidence de l’Union africaine, au COMESA et à la SADC.

« At the outset, we were surprised to note that there was not a single representative from the Private sector nor a Trade representative among the participants in a forum dedicated to Trade Facilitation. It is to be noted that Section 9 (iii) of the Concept note of the Forum (Doc. CCD/.TFF.3/CN) clearly mentions participation of Regional and Continental Private Sector Organizations », fait-il remarquer dans la lettre.

« It is mentioned that Mauritius has been chosen to host this Forum as it can act as a model in Africa.  But Mauritius is private sector driven and we have a very solid public and private sector partnership at all levels. This is our success story that we would be only too happy to share with our African counterparts. To boost intra-African Trade is not going to a holiday destination. But rather be at the frontier of Africa to witness the reality and find solutions.

It could have been an opportunity for bureaucrats and business representatives to discuss the realities to do business in Africa and find solutions to the bottlenecks and obstacles », y ajoute-t-il avant de conclure en ces termes : « The objectives of the forum could therefore not be met as the essential ingredients were not included ».

 

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