Comment se portent les Dallons ?

Cet archipel de 115 îles couvrant une Zone exclusive économique d’environ 1,4 million de kilomètres carrés, est l’un des rares pays d’Afrique à afficher un excédent budgétaire. Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), qui était aux Seychelles du 13 au 26 septembre, a complété sa mission en établissant que le surplus fiscal devrait atteindre 2,5% du Produit intérieur brut  (PIB) en 2017 et la croissance économique 4%

H.L.-B  

 

Il serait plus coûteux de créer une société “global business” à Maurice qu’aux Seychelles. Selon les informations recueillies, une Seychelles IBC (International Business Companies) s’acquitte des frais d’USD 100 au gouvernement lors de l’enregistrement de l’entité, et ce sur une base annuelle par la suite. Ce montant serait applicable à toutes les International Business Companies peu importe le montant de leur capital ou le nombre d’actions. Depuis la promulgation de la Seychelles Business Companies Act en 1994, plus de 150 000 IBC se sont enregistrées à une fréquence de de 600 nouvelles compagnies mensuellement.

Au niveau de la Financial Services Commission (FSC) de Maurice, les intéressés s’acquittent d’un ‘processing fee’ d’USD 500, puis des frais annuels d’USD 1 750 pour l’obtention d’une Global Business Licence Category 1. Pour la Category 2, le ‘processing fee’ est à USD 100, et les frais annuels USD 235.

 

Stabilité macroéconomique

Ainsi, compétitrices sur bien des plans, les deux îles partageant des similarités en matière économique, puisque le tourisme et le ‘seafood’ en sont les principaux piliers, – la géographie, la taille, la démographie obligent –, il serait tout de même intéressant de voir comment se porte l’économie seychelloise dans le cadre de la visite de son président, Danny Faure, à Maurice.

à noter que le tourisme contribue à hauteur de 20% au Produit intérieur brut (PIB) des Seychelles, et emploie 17% de la population. Au niveau du ‘seafood’, le poisson et les produits dérivés représentaient 96% des exportations totales de la république en 2014.

Une équipe du FMI était récemment aux Seychelles, soit du 13 au 26 septembre, dans le cadre de leur mission. Elle était menée par Amadou Sy. Un des premiers constats est que les Seychelles ont fait des progrès considérables pour atteindre une stabilité macroéconomique. Les autorités ont implémenté des politiques macroéconomiques prudentes depuis la crise de 2008, ce qui a généré une forte croissance économique, ainsi qu’une amélioration au niveau fiscal et une réduction de la dette. Aussi, les réserves externes de l’archipel ont atteint un niveau confortable, ce qui fait qu’il pourra se passer de l’aide financière du FMI.

« Macroeconomic performance has been robust in 2017. The external current account deficit is estimated to have narrowed, supported by strong tourism arrivals. Reflecting this, economic growth for 2017 is projected to reach around 4 percent. With the economy performing well, the primary fiscal surplus is expected to reach 2.5 percent of GDP this year in line with the authorities’ target », fait ressortir l’équipe du FMI.

Portée par le secteur touristique, la croissance économique pour 2018 s’annonce, du coup, tout aussi positive.

 

La vigilance de la CBS réclamée par le FMI

 

Néanmoins, les Seychelles feraient toujours face à certaines vulnérabilités et pressions, étant une petite économie évoluant dans un environnement économique global incertain.

« Downside risks to the outlook largely lie in the external factors which could dampen tourism performance. The mission concurred with the authorities on the need to make progress in enhancing medium-term growth prospects, including building up infrastructure, and resilience to climate change. However, this should be done in a prudent manner that allows fiscal and monetary policies to continue anchoring economic stability and strengthening fiscal sustainability. In this context, the mission discussed a number of potential measures with the authorities to ensure continued fiscal discipline and progress towards the authorities’ debt reduction goals. The Central Bank of Seychelles (CBS) should also remain vigilant to any signs of inflationary pressures », estime le FMI.

L’année dernière, les réserves internationales nettes ont dépassé l’objectif fixé par les autorités monétaires pour atteindre 14 millions de dollars. Du coup, le pays reste l’un des rares en Afrique à afficher un excédent budgétaire en 2016, atteignant 3,4% du PIB, taux largement au-dessus des prévisions gouvernementales. Un excédent budgétaire est également prévu pour cette année.

 

Coopération dans la lutte contre la drogue

Les îles de la zone sont appelées à travailler ensemble et rehausser leur vigilance face au trafic des stupéfiants dans l’Océan indien. Maurice et les Seychelles s’engagent à collaborer davantage pour combattre ce trafic, et ce, après avoir coopéré avec succès dans le lutte contre la piraterie.

Le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, s’est entretenu avec la ministre seychelloise de l’Intérieure, Mitcy Larue, en mai, cette année. La vulnérabilité de la région face au trafic de la drogue par voie maritime était au centre des discussions.

La ministre Mitcy Larue dirigeait une mission de haut niveau à Maurice dans le cadre de la coopération bilatérale en matière de sécurité. Les Seychelles souhaitent bénéficier du soutien de Maurice pour développer les capacités de leur force de police et de leur système carcéral.

« Le commerce de la drogue dans la région est extrêmement complexe. Il nous faut encourager l’échange de renseignements et d’information au niveau de la région », avait-il affirmé.

Le chef de la diplomatie mauricienne et la ministre de l’Intérieure des Seychelles ont aussi passé en revue plusieurs dossiers de coopération bilatérale, dont l’économie bleue et les échanges dans le domaine de la santé.

 

USD 20 millions pour la conservation des ressources marines

C’est le premier projet de la Banque mondiale aux Seychelles en plus de 30 ans. Le 29 septembre dernier, elle a approuvé un fonds d’USD 20 millions pour améliorer la conservation des ressources marines de l’archipel.

« Improving the management of fisheries and marine resources will contribute to achieving the Blue Economy strategy of the Seychelles. The overarching goals are to diversify the economy, create high value jobs, ensure food security, while sustainably managing and protecting marine resources », a déclaré Mark Lundell, World Bank Country Director pour les Seychelles.

A noter que les Seychelles ont adopté une stratégie de conservation de la marine avec pour objectif de protéger jusqu’à 30% de leur Zone exclusive économique d’ici 2020.

 

 

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