"Au secteur privé d'élaborer des stratégies régionales maintenant"

La signature de l’accord tripartite COMESA-SADC-EAC a été l’occasion pour les différents intervenants de mettre l’accent sur le rôle du secteur privé. La cérémonie a eu lieu, lundi, au Hennessy Park Hotel, en présence du Secrétaire général du COMESA, Sindiso Ngwenya. Maurice est le 21e pays d’Afrique à signer cet accord

H.L.-B    

Il fut un temps où je n’aurais jamais admis que le secteur privé était important ». Paroles du ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, lundi, lors de son allocution. Il intervenait dans le cadre de la signature de l’accord tripartite COMESA-SADC-EAC – en présence du Secrétaire général du COMESA, Sindiso Ngwenya –, qui préconise la création d’un marché de libre-échange qui réunit les trois blocs commerciaux. Le COMESA, la SADC et l’EAC combinés constituent un puissant marché de plus de 630 millions de consommateurs, offrant de nouvelles perspectives d’affaires aux opérateurs mauriciens.

C’est dans ce contexte que les différents intervenants ont évoqué le rôle du secteur privé. « Le secteur privé est dynamique, et parmi les plus proactifs en Afrique. Nous avons besoins d’eux à bord. Le gouvernement ne peut pas négocier et prendre des décisions seul », a poursuivi Vishnu Lutchmeenaraidoo. A ce stade, il fait référence aux casinos. « S’il y a bien un jeu où on ne perd pas d’argent, c’est le casino. Des années de cela, le gouvernement avait pris en charge les casinos. Résultat : ils font faillite ».

Amené à jouer leur rôle

A l’époque, fait-il comprendre, il était convaincu qu’il y avait suffisamment de gens compétents dans le secteur public pour tout gérer. « Mais une fois que les politiciens prennent contrôle d’une institution, c’est comme si elle devient leur institution. On doit en tirer des leçons. Doit-on privatiser ce que nous avons fait jusqu’ici ? », s’est-il interrogé.

Le ministre des Affaires étrangères a ensuite rappelé que le Tripartite Free Trade Area (TFTA) est créé pour bénéficier au secteur privé. Le potentiel de croissance en termes de débouchées commerciales pour les opérateurs est énorme, compte tenu du faible niveau d’échanges commerciaux intra-Afrique. Il existe de grandes opportunités pour encourager l’investissement privé dans le nouveau marché libre en vue de créer de nouveaux emplois.

Au Secrétaire général du COMESA d’enchaîner dans le même sens. La participation du secteur privé peut, selon lui, dynamiser la régionalisation. « Comment peut-on amener le secteur privé à investir dans l’énergie renouvelable et autres ? Si on peut le faire, on les amène à jouer leur rôle. Sans le secteur privé, on ne peut vraiment parler de développement durable », a indiqué Sindiso Ngwenya.

Pour sa part, le directeur de la Trade Policy Unit au sein du ministère des Affaires étrangères, est d’avis que des accords de ce type ne profitent pas au gouvernement, mais bien au secteur privé.

Tirer des bénéfices

« Nous créons des conditions, l’espace et des marchés très larges pour le secteur privé. C’est à eux maintenant de développer des stratégies pour capturer ces opportunités. C’est un marché de presque 650 millions d’habitants. D’ailleurs, il existe une panoplie de produits qu’ils importent d’autres pays, alors qu’ils sont également fabriqués à Maurice. Donc, nous pouvons les exporter. Ces exportations seront totalement ‘duty free’, c’est-à-dire un accès en franchise de droit. Ce qui offre un avantage extraordinaire. à eux maintenant d’élaborer des stratégies régionales », explique Sunil Boodhoo.

Ce dernier avance également que Maurice est suffisamment actif, au niveau du commerce, au sein du COMESA et de la SADC. Selon les chiffres disponibles, nos exportations sont en constante augmentation. Nous avons atteint entre Rs 16-17 milliards, soit presque 500 millions de dollars américains. Donc, c’est déjà conséquent. Par contre, prévient-il, ce n’est rien comparé aux importations des pays tiers, par exemple de la Chine, de l’Inde…

« Désormais, nous avons un avantage tarifaire comparatif avec ces pays africains. C’est ce que nous devons exploiter au mieux. C’est pour cela que je dis que le secteur privé doit aussi se focaliser sur la région. Nous devons élaborer des stratégies régionales ensemble avec le secteur privé, » conclut-il.

 

Signature, et après ?

« Nous avons pris tout notre temps pour nous décider de signer l’accord tripartite. Autrement, Maurice est toujours le premier à signer ! » Maurice est, effectivement, le 21e pays à signer le Tripartite Free Trade Area (TFTA) sur un total de 26 pays africains. Valeur du jour, deux pays ont ratifié l’accord, à savoir l’égypte et l’Ouganda. Il faut un total de 14 ratifications pour que l’accord entre en vigueur. Lors de l’atelier de travail qui a suivi la cérémonie de signature, lundi, on a laissé comprendre que les pays de l’EAC (East African Community, dont l’Ouganda  fait partie) ont fait montre de leur bonne volonté de ratifier l’accord. Ce qui devrait être fait, selon toute indication, d’ici la fin de l’année.

L’adhésion de Maurice à cette vaste zone de libre-échange tripartite constitue une étape importante dans la stratégie Afrique de Maurice et dans sa démarche de s’intégrer de manière plus intense aux économies de la région.

« Maurice a pris tout son temps avant d’aller de l’avant avec la signature. Nous avons remarqué au début – de la part de ceux qui faisaient partie des négociations initiales – qu’on avait pris des engagements plus défavorables que les conditions négociées maintenant. On a apporté les corrections nécessaires pour préserver nos acquis. Il existe une décision ministérielle qui stipule qu’on ne peut avoir un accord qui est plus défavorable que la situation actuelle. Une fois cette garantie obtenue, nous avons signé l’accord », explique Sunil Boodhoo, directeur de la Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères à BIZweek.

Les pays et les défis

Par exemple, un des points soulevés par Maurice concernait les règles d’origine pour le thon. « Bien sûr, les négociations en général, pour tous les pays, ne sont pas encore terminées. Nous venons de signer le ‘framework agreement’, mais les discussions autour de la règle d’origine entre autres vont se poursuivre. Maintenant, nous faisons de sorte que nos intérêts soient sauvegardés », rajoute-t-il.

En règle générale, des défis persistent avant que le TFTA ne soit ratifié par au moins 14 pays. à titre d’exemple, tous les pays ne possèdent pas les ressources appropriées ou le même niveau de ressources pour poursuivre les discussions. Certains pays ont avancé qu’ils ne peuvent signer ou ratifier en raison de leurs lois nationales. D’autres sont toujours en train de négocier avec leurs voisins en ce qui concerne les barrières tarifaires.

 

 

Sindiso Ngwenya, Secretary General, COMESA

« We need to integrate the SMEs »

He made an appeal to the Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), on Monday, during his speech at the signing ceremony of the Tripartite Free Trade Area framework by Mauritius. Sindiso Ngwenya, Secretary General of the COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa), said: « Please assist us. Most Chambers of Commerce & Industry exclude the Small and Medium Enterprises. We need to see how we can bring the SMEs into play »

H.L.-B

 

>> Mauritius is the 21st country to sign the Tripartite Free Trade Area. What were the issues which Mauritius was still negotiating?

There were no such issues really. Most of the countries are still negotiating to make sure that the Tripartite Free Trade Area (TFTA) is not worse off, but better than the existing COMESA Free Trade Area (FTA), the SADC FTA and the Customs Union. So, while all the countries were negotiating, Mauritius was leading because it wanted to ensure that this is done. Although we have not done everything so far, it is agreed that the most favored trade regime of the Tripartite are the ones the private sectors will be able to select to trade under. So, it’s a win-win situation. But thereafter we still need to improve for the overall trade regime and end up coming up with only one trade regime. Because, you know, the private sector does not want to say the Tripartite COMESA, Tripartite SADC each time. They want to have only one certificate of origin, one regulation etc. Because the cost of complying with different regulatory requirements is very high. It’s a cost to business.

 

>> You talked about the SMEs, and made an appeal to the Chambers of Commerce and Industry to facilitate their integration. How do we integrate the SMEs in the TFTA?

We need to integrate the SMEs through specific tailor-made policies which will differ from country to country because the structures and the capacity of the private sectors will be different. We need to make sure that the taxes which SMEs pay do not make them end up with no profit and capital to reinvest and expand. Third, they also need to ensure educational reforms, curricular reforms, so that people go to Colleges or to Universities, and come out with knowledge and skills that equip them to create jobs for themselves. It is not a question of them saying the government must create jobs for them. In this 21st century, we need to be empowered through education and skills to create jobs for ourselves.

 

 

 

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