Zimbabwe: L'adieu d'un ex-fermier à Robert Mugabe

Ils étaient partis plein d’espoir et de détermination dans les années soixante du siècle dernier. Ils étaient, pour la plupart, des ‘petits’ employés de l’industrie sucrière. Certains déjà mariés et d’autres célibataires dans la vingtaine. Mais tous empreints du désir de réaliser un rêve pour lequel on leur avait proposé un job ,là-bas dans la brousse rhodésienne, au royaume des éléphants. Ils ont débarqué avec leurs maigres valises, ont pris la pioche, défriché, planté et enfin récolté souvent dans la douleur, longtemps dans la précarité, mais toujours avec la même détermination.

Petit à petit leur rêve est devenu réalité et d’employés de HIppo Valley, ils sont devenus fermiers à leur propre compte. Là comme ailleurs, le sucre qu’ils ont produit à donné du travail à des milliers de personnes qui n’en avaient pas. Des enfants sont nés d’abord rhodésiens, puis zimbabwéens de parents qui étaient eux aussi devenus des Africains blancs, non pas par intérêt, mais par amour du pays et surtout par la sueur versée et la volonté de réussir.

La Rhodésie est ensuite devenue Le Zimbabwe, leur nouveau pays qu’ils ont aimé aussi passionnément. Puis, est arrivé Robert Gabriel Mugabe. De père de la nation nouvellement indépendante, il est devenu un jour la victime des  vieux démons qui hantent ce continent. Après la « Chimurenga », guerre dite de libération achevée en 1980, il a ensuite lancé en 1985 l’opération Gukurahundi, qui consistait à faire comprendre à son rival, mais aussi son ministre Joshua N’koma le N’debele, que c’était lui Mugabe, Le Shona, le boss... Il a envoyé Emmerson Mnangagwa (celui qu’il a essayé d’empoisonner il y a quelques mois, qui a fui le pays et qui est revenu pour le destituer) dans le Matabeleland pour exterminer entre 20 000 et 30 000 N’debeles. Puis en 2000, Il a entamé ce que Monsieur Amédée Darga appelle avec des trémolos dans la voix, la troisième guerre de libération...

But de l’opération: exproprier plus de 4000 fermiers zimbabwéens blancs de leurs terres et qui faisaient du Zimbabwe un pays prospère qu’on appelait le grenier de l’Afrique de l’Est. Cette troisième guerre de libération si chère à Monsieur Darga a fait du pays un désert agricole, une catastrophe économique ( 24 000 % d’inflation en 2009) et un désastre social aujourd’hui (90% de chômeurs ...)

Mugabe est donc parti, les caisses vides et les poches pleines...

« Dix ans trop tard... », m’ont confié les fermiers mauriciens avant hier. L’un d’entre eux, qui a aujourd’hui 70 ans et qui est resté coûte que coûte dans ce pays qu’il aime, a envoyé le message suivant au sujet du vieux tyran :

«  Mugabe est enfin parti ! J’ai pleuré de joie et de soulagement dans les bras de ma fille. Ce salaud m’a fait emprisonner cinq fois comme un vulgaire criminel de droit commun dans ses prisons inhumaines. Il a ruiné des dizaines de milliers de vies, dont celles de ma famille. Il a fait tuer des dizaines de personnes dans le Matabeleland et fusillé des familles entières... »

Que Satan lui réserve une place prochaine en enfer...

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