Arbitrage et éthique : Cohabitation difficile mais nécessaire

‘Ethics in International Arbitration’. C’était le thème d’un séminaire organisé par le MCCI Arbitration & Mediation Centre (MARC), mardi. L’invité d’honneur, Lord Neuberger, ancien juge au Royaume-Uni – il a pris sa retraite en septembre de l’année dernière – a évoqué quelques cas où la cohabitation entre l’éthique et l’arbitrage peut s’avérer difficile.

Par exemple, un des aspects « inconfortables » de l’arbitrage est le fait que souvent les arbitres ont un intérêt financier à ne pas objecter à ce que les procès prennent beaucoup de temps.

« Unnecessary or elongated hearings mean more money for the lawyers, but they also often mean more money for the arbitrators, as they are normally paid by the hour. And if arbitrators start criticising lawyers’ charges and working practices in an arbitration, or penalising a party in costs, they are likely to find that they are nominated as arbitrators in the future rather less frequently than they might hope. Now, I am far from saying that arbitrators are consciously influenced by such factors, but self-interest has a nasty habit of subconsciously affecting one’s decisions, » affirme David Edmond Neuberger, Baron Neuberger d’Abbotsbury.

Autre point soulevé dans son discours : le choix de l’arbitre, qui demeure un paradoxe car bien que l’arbitrage permette de choisir, les clients éprouvent souvent des difficultés à le faire. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas simple de découvrir ou de savoir qui est actuellement un arbitre compétent par manque d’informations au sujet de l’efficience et de la performance d’un arbitre.

Conflit d'intérêt lors du choix

« In a pretty comprehensive survey carried out in 2015 by Queen Mary College London, while arbitration was generally rated a pretty good way of resolving international commercial disputes, one of the principal complaints about arbitration was lack of insight into arbitrators’ efficiency in that there is a concern about what is described in the survey as a lack of transparency regarding arbitrator performance to allow for informed appointments by parties, » cite-t-il.

Plus loin, Lord Neuberger soulève le cas de conflit d’intérêt lors du choix de l’arbitre. Surtout si un client – qui a eu plusieurs cas d’arbitrages – commence à nommer un arbitre auquel il est habitué.

« I note that repeat nominations of the same arbitrator to different arbitrations by the same party was something which well over two-thirds of respondents thought should be regulated in the Queen Mary survey, » lance-t-il.

En guise de conclusion, il dira qu’il est vital à ce que l’arbitrage ne devienne pas, ou n’apparaisse pas, comme étant « ethically compromised ».

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