A350-900 XWB : Airbus a tenu sa promesse

On se souvient d’août 2014. Et de notre excitation à Johannesburg. Il y avait de quoi. On  assistait au vol du premier prototype de l’A350-XWB (Extra Wide Body) d’Airbus. On disait alors qu’Air Mauritius allait acquérir deux A350-900 XWB en 2017. C’est fait ! Le Morne Brabant et Pieter Both nous ont été livrés en l’espace de deux mois. Aujourd’hui, on vous fait voyager avec nous à Toulouse où BIZweek a eu le privilège d’assister à la livraison de Pieter Both

Herrsha Lutchman-Boodhun

 

C’est sous des applaudissements que Pieter Both a atterri, dimanche, au SSR International Airport. à travers le hublot, on peut voir des employés d’ATOL prendre des photos de l’appareil, le deuxième A350-900 XWB (Extra Wide Body) qui vient embellir, ou disons plutôt moderniser, notre flotte aérienne.

Les louanges ne manquent pas à l’égard de Pieter Both. Les passagers ont affiché leur satisfaction. Les journalistes ont également été invités à « prendre livraison à Toulouse » du nouvel Airbus. La satisfaction était également de mise de notre côté. L’excitation ? Peut-être un peu moins. Non pas parce que nous avions eu la chance d’être à bord de l’A350-900 ‘Le Morne Brabant’ – on ne faisait pas partie de cette délégation –, mais parce que nous faisions partie, en août 2014, des premiers groupes de journalistes à visiter le prototype de l’A350 XWB à Johannesburg.

Mais commençons par raconter notre folle course de la semaine dernière. Notre semaine s’annonçait « normale ». On travaillait sur le numéro du 24 novembre de BIZweek. On a commencé un peu lentement, comme c’est le cas les lundis.

 

La surprise du lundi

Grande a été notre surprise de recevoir un courriel, peu après 18h. ‘Invitation for Press Trip – Delivery flight of Air Mauritius second A350’. Une erreur de la part d’Air Mauritius ? On vérifie. Notre nom s’affiche bien à l’écran. Pour une surprise, c’en était une. Parce que, franchement, on ne s’y attendait pas. On n’avait pas été invitée pour le « Press Trip » de l’A350-900 Le Morne Brabant…

Une réflexion s’impose. On le fait ou pas ce voyage à Toulouse ? Pendant la journée, on parlait justement d’une envie de « prendre un break ». On passe un coup de fil à nos collaborateurs habituels, histoire de voir comment « piloter » le numéro de BIZweek de vendredi à distance. Surtout que le programme s’annonçait assez chargé une fois à Toulouse, la ville rose qui abrite les locaux d’Airbus.

Rassurée, on envoie effectivement une copie électronique de notre passeport aux responsables d’Air Mauritius. On passe la journée de mardi à compléter le maximum de papiers pour le journal. Pour une fois, on prend une petite valise. A 18h30 : en route pour l’aéroport de Plaisance.

 

Direction Charles de Gaulle

On est déjà en retard. Les journalistes avaient un point de rencontre établi à l’intérieur de l’aéroport à 18h30…

On y pénètre en trombe en direction du Premium Counter, Hall B. Le point de rencontre mentionné dans le courriel. On tourne la tête à 360 degrés. On ne voit aucune tête familière. Tant pis. On se dirige vers un des comptoirs pour s’enregistrer. Après quelques minutes, on comprend que l’enregistrement de notre vol se fait au Hall A. On y court et, ouf de soulagement… un premier journaliste, puis un deuxième et un troisième. Un « bonsoir » rapide et l’un d’eux nous indique le comptoir où il faut se diriger. L’enregistrement complété, on respire et on part dire au revoir à notre maman et belle-sœur qui sont maintenant plus relaxes.

Bonne nouvelle : les journalistes ont accès à l’Amédée Maingard VIP Lounge. On passe le contrôle passeport et bagage à main. Il est déjà 19h45. On n’a que 15 minutes pour profiter du ‘lounge’. On s’offre quatre petites gourmandises. On a droit à un petit briefing (on nous informe que les documents pour prendre  livraison de l’avion seront signés jeudi) de ce qui nous attend à Toulouse et hop, embarquement.

 

Le lendemain matin

Un peu plus de dix heures de vol vers Charles de Gaulle, Paris. Voyager en classe économie est de tout temps inconfortable pour des vols qui durent des heures et des heures. On s’assoit au milieu de deux autres journalistes. En deux temps, trois mouvements, notre laptop est déjà allumé. Prêt à attaquer quelques articles après le décollage. On s’y attelle pendant deux heures. On visionne deux films. On a droit au plateau dîner. On en visionne un troisième. On essaie de dormir… difficilement. On est déjà à l’heure du petit déjeuner et… Charles de Gaulle, nous voilà !

Trois heures d’attente à Paris. Heureusement qu’on a accès au WiFi. On téléphone à la maison pour donner de nos nouvelles et envoyer quelques photos. Et, bien sûr, faire connaître à travers Facebook qu’on est en voyage ! Ça sert aussi à ça, Facebook.

Les ‘likes’ commencent à pleuvoir. On cherche les toilettes. Mon amie journaliste le confirmera,   ce n’était pas évident d’en trouver. On a beau demander, on nous dirigeait à gauche et à droite. Pour couper court, on a finalement pu se soulager.

 

Visite de la FAL

Au fait, on est déjà mercredi. Vers 11h, notre avion atterrit au Blagnac International Airport. On récupère nos bagages. On fait la connaissance d’Heidi Carpenter, Airbus Media Relations
Manager, et on se rend directement à l’hôtel Le Grand Balcon. Pas de chance. Que sept chambres sont prêtes. Heidi en profite pour nous proposer le déjeuner dans un des restaurants chics à quelques pas de l’hôtel.

Une bonne salade composée de betteraves, rillettes de canard et frites et on fait l’impasse sur le dessert (pour une fois !). Heidi nous propose de goûter ‘Gaillac Primeur’, « un vin primeur, souple et tendre qui restitue en fin de bouche toute sa richesse aromatique ». C’est le nouveau Beaujolais qui vient d’arriver !

Vers 15h, une bonne partie de l’équipe de journalistes décide de prendre congé de notre hôte. Histoire de visiter un peu la Place du Capitole. Chacun se sépare et on repère les magasins que nous nous promettons de visiter vendredi après-midi pour le shopping. Pas la peine de dire que, finalement, on ne s’y est pas rendus. On retourne à l’hôtel se rafraîchir, car nous devons nous rendre au FAL d’Airbus (‘Final Assembly Line’) où on prend connaissance du nouveau processus de production de l’A350 XWB. « Le nouveau concept rationalisé offre une meilleure parallélisation, avec un démarrage avancé des essais d’intégration et de l’aménagement cabine », apprend-on.

 

Découvrir le « monde » Airbus

Les pièces de l’A350 XWB sont « fabriquées dans le monde entier. Cependant, les pièces principales sont fabriquées sur les sites d’Airbus au Royaume-Uni, en Espagne, en France et en Allemagne, puis sont envoyées à Toulouse pour l’assemblage final ».

On fait aussi la connaissance de ce géant nommé « Airbus ». Il a déjà livré 122 A350 à 16 opérateurs, et a une commande de plus de 850 avions de 45 opérateurs. Airbus compte livrer neuf ans de production, soit plus de 6 700
avions. à ce jour, 17 400 avions – toutes catégories confondues – ont été vendus, et la famille A320 demeure la catégorie la plus vendue. Pour 2017, Airbus prévoit de livrer 700 avions, ce qui serait un record, car il n’a livré que 688 l’année dernière.

En ce qui concerne le modèle A350, Qatar Airways demeure le plus gros client, avec une commande de plus de 80 appareils. Le prix catalogue d’un A350 est à hauteur de Rs 10 milliards (USD 310 millions).

Airbus brasse un chiffre d’affaires d’environ 67 milliards d’euros, et est une ville en elle-même à Toulouse.

 

Le ‘Mock-up Centre’

Cette première visite guidée prend fin et on retourne au Grand Balcon pour se préparer pour le dîner avec notre hôte, Anne Galabert, Airbus Media Relations Manager. Direction : Le Bibent (traduisez « Bien boire » en argot). Un restaurant au décor Belle époque, établissement du chef Christian Constant. Le menu est tout simplement exquis, mais c’est le dessert, le « mille-feuille » qui nous a conquis.

Le lendemain matin, on a rendez-vous au Mock-up Centre d’Airbus. C’est un hangar dans lequel sont disposées quelques maquettes d’avion en taille réelle. On visite l’A330, l’A350 et l’A380. Mais pas de photo !

L’A350-XWB est plus large de 30 centimètres qu’un A330, à l’exception de l’A380. « Avec cette largeur, les compagnies aériennes peuvent installer 9 sièges dans une rangée, avec une largeur de 18 pouces. C’est un pouce de plus que le siège standard éco », explique notre guide du jour.

Cet appareil est doté de la technologie ‘Airspace’ développée par Airbus, c’est-à-dire une nouvelle génération de cabine, et l’A350 est le premier modèle à faire usage de cette nouvelle cabine.

« Toute la cabine est équipée de LED lighting pour personnaliser, selon les compagnies aériennes, les couleurs avec une palette de 16 millions de possibilités. On peut recréer le lever de soleil quand vous venez d’effectuer un vol long courrier. On peut progressivement ramener la lumière, comme on l’a fait dans le passé, sans éclairer d’un seul coup. Cela réveille tout doucement. Au Mock-up Centre, on essaie de montrer toutes les possibilités qu’Airbus peut offrir en termes de configuration, sièges, galets (les blocs cuisines), lavabo, lumière… »

 

Une présentation sur l’A350-XWB

Notre guide avance également que l’intérêt d’Airbus est de développer un avion qui est très écologique, c’est-à-dire avec une consommation de carburant la plus basse possible, car le fioul coûte très cher aux compagnies aériennes.

Le modèle A350 est fabriqué jusqu’à 53% en fibre de carbone, donc plus léger que l’aluminium. Le reste en titane. L’avion a une forme très aérodynamique et il a de nouveaux réacteurs Rolls Royce. Et surtout très silencieux de l’extérieur comme à l’intérieur.

Ensuite, nous avons eu droit à une présentation de François Obé, A350 XWB Product Marketing Director.

« Les nouveaux appareils donnent des armes à Air Mauritius pour conquérir ses marchés. C’est l’outil parfait pour la compagnie qui est d’ailleurs le premier opérateur de la région océan Indien à faire l’acquisition du modèle A350 », fait ressortir François Obé.

Ce dernier poursuit ses explications pendant près d’une heure, et soutient que le moteur de l’A350-XWB porte la griffe exclusive de Rolls Royce, et s’appelle le Trent XWB. Il a été conçu uniquement pour les avions d’Airbus, avec une fiabilité d’opération de 99,89%. « C’est un moteur ‘bien né’, c’est-à-dire qu’il fonctionne très bien. On lui demande aussi de ne pas coûter cher en maintenance. Il équipe les deux modèles A350, soit A350-900 et A350-1000 ».

L’A350-900 a été conçu comme un avion long-courrier. Son « design range » est de 8 000 nautiques. Ce qui correspond à 15 ou 16 heures de vol. Des lignes longues, des plafonds hauts, de l’éclairage par LED, des avions plus silencieux… C’est ce que promet Airbus à travers l’A350-XWB.

« Airbus propose, pour les décennies qui viennent, deux nouvelles familles d’avion qui, ensemble, constituent l’offre globale d’Airbus pour tous les ‘wide bodies’. Donc, l’A330-Neo et l’A350. Air Mauritius aura les deux (A350 et A330 Neo), et cela fait énormément de sens parce que le Neo sera configuré à moins de 300 sièges probablement, et pour les secteurs qui demandent une forte capacité, comme Paris, Air Mauritius aura l’A350-900 avec 326 passagers », déclare François Obé.

 

Let’s Shop Airbus et le marché de Noël

A l’heure du déjeuner, on prend le bus mis à notre disposition pour un restaurant du Guide Michelin, Le Cantou, à quelques pas de la ville et des pistes de l’aéroport. Le cadre est enchanteur, à l’image d’une ferme rustique et champêtre, tout comme les plats et les desserts.

Adieu les régimes !

Nos hôtes d’Airbus nous dirigent ensuite au Let’s Shop Airbus, la boutique souvenirs du géant de l’aviation. On avait déjà reçu un sac de
« goodies » d’Airbus ; donc pas d’achat pour nous.

De retour à l’hôtel, on se prépare à aller visiter le marché de Noël de Toulouse qui a ouvert ses portes, le 24 novembre. On se frotte les mains d’avance. Le shopping demeure l’aspect le plus excitant de tout voyage !

Bon, on n’achètera pas grand-chose. Surtout pas de vêtements, car les vitrines sont remplies de vêtements d’hiver (eh oui, il fait froid en ce moment à Toulouse) au contraire de ce qui nous attend à Maurice.

Mais on garde de bons souvenirs de tout ce qu’on a pu découvrir aux différents stands du marché de Noël.

On termine notre petit séjour par un beau dîner à la Brasserie Flo Toulouse – Les Beaux Arts. On ne se lasse pas du foie gras de canard, du plancha de poisson (cabillaud, saumon, gambas) et des « profiteroles au chocolat chaud Valrhona à la crème glacée vanille »…

On termine la soirée sur une bonne note en préparant notre valise. Puisque petite, on a du mal à la fermer. Pourtant, on n’a pas fait du shopping comme il se doit.

 

Le Delivery Centre d’Airbus

Samedi déjà ! Petit déjeuner, et on profite de nos dernières minutes pour un dernier tour dans les magasins qui, pour la plupart, ouvrent vers 10h30. à 10h45, on court vers l’hôtel. On prend notre valise et on fait un dernier saut dans un magasin qui affichait « 3 magnets pour 10 euros ».

Direction : Airbus Delivery Centre, Henri Ziegler.  Pour une fois qu’on a droit à un “Check In” peu conventionnel. Pas de longue queue. Il n’y a que notre groupe de journalistes, et, la bonne nouvelle – on voyagera dans notre nouvel A350-900 Pieter Both, de Toulouse à Charles de Gaulle (Paris), en classe affaires !

Anne Galabert nous emmène à la cantine d’Airbus pour notre déjeuner. à 13h30, on se prépare à vivre l’expérience à bord de l’A350-900…

La classe affaires, on n’a pas vraiment eu l’occasion d’en profiter. On a surtout profité de ce voyage d’environ une heure pour marcher de long en large à la découverte de ce nouveau bijou d’Air Mauritius. On bavarde avec l’équipage qui est tout heureux. Le Chief Executive Officer, Somas Appavou, et Prem Sewpaul, Vice President Communications & Corporate Affairs, sont sollicités par les journalistes pour des explications, impressions, déclarations…

à Charles de Gaulle, Pieter Both est accueilli à coups de jets d’eau comme le veut la tradition.

à l’intérieur, l’aéroport est – pour une fois – presque vide. On attend nos valises. Le personnel de Charles de Gaulle est aux petits soins, et nous dirigent au comptoir qu’il faut. On profite, seule, de nos quelques heures d’attente à visiter les boutiques hors taxes. Nos confrères se sont tous éparpillés…

 

Les souvenirs de 2014

Aux alentours de 18h15, on embarque sur le Pieter Both pour Maurice. Chaque journaliste prend d’assaut trois sièges, car l’appareil n’est qu’à moitié rempli. On savoure ces moments, car rarement on aura droit à ce genre de privilèges. On se prélasse sur les sièges et essaie de trouver une position convenable pour dormir. Même si la classe économie est plus spacieuse, et les sièges plus larges, trouver le sommeil n’est pas si simple…

Bref, après notre court séjour à Toulouse pour prendre livraison de l’A350-900 Pieter Both, on ne peut que dire qu’Airbus a tenu sa promesse.

En août 2014, la presse africaine avait eu droit à un court séjour à Johannesburg, où un modèle de l’A350 avait fait escale avant de déployer ses ailes pour Sydney. Nous avions eu droit à plus de trois passages de l’A350 (atterrissage et décollage à trois reprises) et une visite à l’intérieur.

Nous avons retrouvé, à l’intérieur du Pieter Both, tous les éléments que nous avions observés dans le prototype. Sans oublier que l’A350 est considéré comme un des avions le plus silencieux…

 

 

 

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